Près d’un Français sur trois souffrent d’allergie au pollen. Comment reconnaître ces allergies respiratoires qui se manifestent seulement à certaines périodes de l’année ?  Comment les prévenir ? Comment les traiter?

 

Des allergies en augmentation

  • Selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), près d’un Français (adulte) sur trois souffre d’allergie au pollen.
  • 20 % des enfants âgés de plus de 9 ans souffrent d’allergie au pollen,
  • Ce chiffre risque d’augmenter dans les années à venir en raison du dérèglement climatique, de l’absence de diversité biologique en ville, la composition des environnements intérieurs et la pollution de l’air. En 2050, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) anticipe que plus de 50 % de la population souffrira d’une forme d’allergies.
  • L’OMS place les allergies comme quatrième maladie chronique mondiale.

 

Qu’est-ce que l’allergie au pollen ?

Le pollen

Le pollen est une substance poudreuse très fine qui est généralement de couleur jaune. Il est produit dans une structure à l’extrémité de l’étamine (la partie reproductrice mâle de la fleur) connue sous le nom d’anthère et son but est de féconder d’autres plantes de la même espèce. Pour que ce processus ait lieu, les grains de pollen doivent être transférés de l’anthère à la partie reproductrice femelle d’une autre plante. 

La propagation du pollen a généralement lieu au printemps, en été et en automne. Au printemps, les pics de pollen sont les plus importants. Avec le dérèglement climatqiue, la saison pollinique intervient de plus en plus tôt chaque année.

 

Quelles sont les arbres et plantes les plus allergisants ?

C’est la présence massive d’un pollen petit et très allergisant, parfois dans des conditions particulières (plusieurs pollens, pollution, vent, …) qui déclenche des réactions allergiques. 

Les plantes et arbres suivants possèdent un degré d’allergies fort :

  • Noisetier (premiers pollens de l’année)
  • Aulne (premiers pollens de l’année)
  • Frêne commun
  • Bouleau
  • Graminées
  • Seigle
  • Maïs (réaction croisée avec d’autres graminées)
  • Armoise vulgaire
  • Ambroisie

Les allergies surviennent généralement pendant les périodes de beau temps, du printemps à l’automne, avec des pics saisonniers correspondant à la pollinisation des différents types de plantes :

  • les arbres (de février à mai),
  • les graminées (de mai à juillet),
  • les herbacés et l’ambroisie (de juillet à octobre).

 

Comment surveiller la présence de pollen dans l’air ? 

Le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) a été liquidée en mars 2025. Un nouvel organisme de surveillance de la quantité de pollen dans l’air devrait voir le jour en avril 2026. 

 

Comment se déclenche une allergie aux pollens ?

Le pollen libère des protéines quand il est en contact avec les muqueuses (nez, yeux, bouche). En présence de ce corps étranger, le corps humain libère de l’histamine pour le combattre. C’est cette libération d’histamine qui va entrainer les signes d’une allergie aux pollens.

 

Quels sont les signes allergiques ? 

Les signes allergiques se manifestent par :

  • une conjonctivite allergique (œil rouge, œdème des paupières, démangeaisons…),
  • des symptômes respiratoires (nez qui coule, se bouche ou démange, éternuements, brûlure de la gorge…).

La réaction allergique peut aller jusqu’à la crise d’asthme, dont les signes cliniques sont une diminution du souffle, des sifflements bronchiques, ainsi qu’une toux persistante souvent nocturne.

La rhinite allergique, outre ses symptômes propres, peut également avoir des conséquences auxquelles on ne pense pas toujours :

  • une baisse éventuelle de la concentration, 
  • une certaine fatigue, 
  • des troubles possibles de l’humeur, de l’irritabilité,
  • parfois des troubles du sommeil…

Chez certains enfants, elle peut limiter la capacité de concentration et d’apprentissage. Elle peut freiner aussi la pratique des sports. 

 

Que faire en cas de suspicion d’allergie au pollen ?

En cas de suspicion d’allergie au pollen, il est recommandé de consulter un médecin traitant. Celui-ci peut prescrire des tests sanguins ou des tests cutanés pour identifier les allergènes spécifiques et recommander un traitement adapté pour soulager les symptômes allergiques.

En cas de symptômes graves ou persistants, une consultation avec un allergologue peut être nécessaire pour un diagnostic approfondi et une gestion optimale de l’allergie au pollen.
 

Que faire pour éviter et/ou réduire une réaction allergique ?

Les jours de beau temps où le temps est sec et venteux permettent au pollen de se disperser. Evitez donc de sortir les jours de temsp secs et venteux 

En revanche, les averses font baisser les concentrations de pollens dans l’air en les plaquant au sol, diminuant le risque d’allergie. Les jours pluvieux sont donc les moment à privilégier pour aérer votre intérieur et sortir.

Pour prévenir et diminuer la réaction allergique, voici quelques conseils du quotidien à connaître :

  • Lavez vos cheveux tous les soirs avant d’aller vous coucher pour éliminer les allergènes,
  • Ne pas vous déshabillez dans sa chambre à coucher,
  • Aérez les pièces de la maison, surtout la chambre pendant au moins 10 min par jour, de préférence tôt le matin ou tard le soir,
  • Faites sécher votre linge à l’intérieur pour éviter que les pollens ne se collent aux vêtements
  • Gardez les vitres fermées lorsque vous êtes en voiture
  • Faite du sport à l’intérieur de la maison ou dans une salle de sport pour éviter la surexposition aux pollens
  • Portez des lunettes de soleil pour protéger les yeux des particules de pollen.
  • Evitez les zones polluées et la fumée de tabac qui augmentent l’irritation de la muqueuse respiratoire.

 

Quels sont les traitements efficaces pour réduire les symptômes ?

Pendant la saison pollinique, vous trouverez conseil auprès de votre pharmacien. Vous pouvez vous rincer les yeux au sérum physiologique et le nez avec des sprays à base d’eau de mer de façon quotidienne. Cela permet de limiter le contact des pollens sur les muqueuses.

Les traitements médicamenteux

  • Les médicaments antihistaminiques permettront de diminuer les symptômes nasaux et oculaires. Ils peuvent aider à réduire les réactions allergiques en bloquant l’histamine, une substance libérée en réponse à l’allergène. Des options en vente libre ou sur ordonnance sont disponibles, notamment des sprays nasaux, des solutions de lavage oculaire et des comprimés antihistaminiques.
  • Si cela ne suffit pas, consultez votre médecin. Celui-ci vous prescrira d’autres classes médicamenteuses délivrées uniquement sur ordonnance.

 

Les traitements « naturels »

Si les traitements sont mal tolérés, d’autres méthodes existent, notamment en homéopathie avec des souches et des complexes permettant de répondre à la plupart des cas. 

Certaines personnes trouvent un soulagement avec des remèdes naturels, tels que les huiles essentielles d’eucalyptus ou de menthe poivrée pour dégager les voies nasales, le miel pour apaiser la gorge et l’ortie qui agit comme un antihistaminique naturel.
 

La désensibilisation par un allergologue peut être une solution

Enfin, puisque que les allergènes majeurs sont bien connus, la méthode de désensibilisation (immunothérapie allergénique) est une vraie solution. Il s’agit d’administrer une dose progressive d’allergène dans le corps afin qu’il ne le considère plus comme étranger et ne déclenche plus de réaction inadaptée. Ce traitement est prescrit uniquement par un allergologue. Pour les allergies saisonnières, il sera pris de façon discontinue (quelques mois dans l’année).

N’hésitez pas à vous renseigner pour trouver la meilleure solution !

 

Sources :

https://www.pollenundallergie.ch/informations-polliniques/plantes-allergisantes

 

 

Dr Elodie Duquenne

L’auteur

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