L’endométriose est une maladie gynécologique très répandue. Pourtant, il faut généralement attendre plusieurs années avant que le diagnostic ne soit posé. La plupart des femmes souffrant d’endométriose subissent ainsi le retard, quasi systématique, d’une prise en charge adaptée. Face à ce constat, les pouvoirs publics ont décidé de réagir en prenant de nouvelles directives qui pourraient améliorer le diagnostic.
L’endométriose, une maladie courante et complexe
En France, on estime qu’une femme sur dix est atteinte d’endométriose, soit environ 2 millions de personnes. Des chiffres probablement minimisés, eu égard aux difficultés et aux lenteurs de diagnostic. Longtemps ignorée, cette maladie correspond au développement, à l’extérieur de la cavité utérine, de tissus semblables à ceux tapissant l’intérieur de l’utérus. Ces tissus prolifèrent ensuite et s’implantent sur d’autres organes, en passant par les trompes.
Le saignement de ces fragments, au moment des règles, cause d’intenses douleurs abdominales. Ces tissus peuvent provoquer des kystes, notamment sur les ovaires, et conduire à l’infertilité. Certaines endométrioses superficielles peuvent régresser spontanément. Mais les formes les plus graves nécessitent un traitement complexe et un diagnostic rapide.
Une prise en charge lente et difficile pour les patientes
Il faut attendre en moyenne sept ans en France pour être diagnostiquée comme souffrant d’endométriose. Les raisons de cette insuffisance sont à trouver dans le manque de formation des personnels de santé et l’absence de dépistage. Les examens permettant de poser le diagnostic consistent actuellement en une échographie ou une IRM, et dans certains cas, une biopsie. C’est donc pour faciliter et accélérer l’identification de la maladie qu’une équipe de chercheurs a élaboré une méthode inédite.
Un test salivaire pour accélérer le diagnostic de l’endométriose
La start-up lyonnaise Ziwig a indiqué, par le biais d’une communication dans la revue savante Journal of Clinical Medicine, la mise au point d’une innovation majeure : un test salivaire permettant de détecter la présence de l’endométriose. Baptisé Endotest®, ce test permet de recenser les biomarqueurs de la maladie dans la salive.
Ziwig Endotest® permet d’affirmer ou d’éliminer le diagnostic d’endométriose avec une haute fiabilité (97 %). Il est particulièrement indiqué dans les cas complexes quand l’imagerie médicale reste incertaine.
Prise en charge dérogatoire du test salivaire
Depuis le 11 février 2025, le test salivaire Endotest® de Ziwig bénéficie d’une prise en charge dérogatoire par l’Assurance Maladie dans le cadre du forfait innovation. Il ne s’agit donc pas encore d’un remboursement classique ouvert à toutes les patientes.
Les principales conditions sont les suivantes :
- Le test est destiné aux femmes présentant des symptômes très évocateurs d’endométriose, mais dont l’IRM ou l’échographie est normale ou peu concluante.
- Il doit être prescrit et réalisé dans un établissement de santé participant au dispositif (environ 100 centres en France).
La prise en charge est prévue pour 25 000 patientes sur une période de trois ans, afin de recueillir des données complémentaires sur son utilité clinique.
Dans ce cadre :
- le coût du test est pris en charge par l’Assurance Maladie ;
- le forfait couvre également le test lui-même, l’acte associé et certaines consultations prévues par le protocole. Le forfait est fixé à 839 € par patiente.
En revanche, si vous souhaitez réaliser le test en dehors de ce dispositif, il n’existe pas de remboursement de droit commun à ce jour. La HAS attend les résultats de l’expérimentation avant de se prononcer sur un éventuel remboursement généralisé.
Sources :
https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/qu-est-ce-que-l-endometriose/
https://presse.inserm.fr/un-test-salivaire-pour-diagnostiquer-lendometriose-vraiment-2/44876/
https://www.chu-lyon.fr/endometriose-ameliorer-le-parcours-des-femmes
https://www.gouvernement.fr/actualite/lancement-d-une-strategie-nationale-contre-l-endometriose
Dr Elodie Duquenne
