On associe souvent les maladies cardiovasculaires aux hommes alors qu’en 2023, il y a eu davantage de femmes décédées d’une maladie cardiovasculaire que d’hommes. Par ailleurs, une étude de la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes montre que 9 femmes sur 10 présentent au moins 2 facteurs de risque. Connaître les facteurs de risque et les symptômes permet d’agir à temps.

 

Quelques chiffres sur les maladies cardiovasculaires chez les femmes

Près de 200 femmes meurt chaque jour d’une maladie cardiovasculaire. C’est cinq fois plus que les décès liés au cancer du sein.

Ces maladies touchent des femmes de plus en plus jeunes. Depuis 2008, les infarctus et les angines de poitrine augmentent de plus de 5 % par an chez les femmes de moins de 65 ans. Or les femmes sont encore trop souvent sous-diagnostiquées et prises en charge moins rapidement.

 

Pourquoi les maladies cardiovasculaires sont-elles sous-estimées chez les femmes ?

Les symptômes d’une maladie du cœur ne sont pas toujours ceux que l’on imagine, et ils sont parfois mis sur le compte de la fatigue ou du stress. Résultat : les femmes consultent plus tard, bénéficient moins rapidement d’une prise en charge adaptée (soins intensifs, rééducation) et présentent un risque plus élevé de complications à l’hôpital.

 

Les signes avant-coureurs à ne pas négliger

Certains symptômes sont spécifiques aux femmes, comme :

  • Les vertiges et palpitations ;
  • Essoufflement ;
  • Une fatigue anormale lors d’un effort physique ;
  • Des nausées ;
  • Des douleurs au niveau du cou ou entre les omoplates.

D’autres sont communs aux femmes et aux hommes :

  • Douleurs dans la poitrine, les épaules ou les bras ;
  • Sensation de serrement ou de poids sur la poitrine, parfois de brûlure ;
  • Douleurs qui irradient vers la mâchoire, les épaules, les bras ou le haut du dos.

Une étude menée auprès de 15 000 femmes dépistées par la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes révèle que près de deux tiers d’entre elles présentent des signes d’alerte : palpitations, essoufflement, douleurs thoraciques ou malaises.

 

Quels sont les facteurs de risque cardiovasculaire chez la femme ?

Les facteurs de risque sont nombreux, et certains sont spécifiques aux femmes.

  • Le mode de vie : tabagisme actif ou passif, manque d’activité physique, sédentarité, alimentation déséquilibrée, surpoids.
  • Les facteurs hormonaux et gynécologiques : endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, insuffisance ovarienne prématurée, complications de grossesse, ménopause précoce, antécédent de cancer du sein.
  • Les facteurs médicaux classiques : hypertension artérielle, cholestérol élevé, diabète, antécédents familiaux, troubles du sommeil.
  • Les facteurs plus récemment identifiés : maladies psychiatriques, maladies inflammatoires chroniques (rhumatismales, auto-immunes), migraines.
  • Les facteurs environnementaux et sociaux : stress chronique, violences, difficultés financières ou sociales, exposition à la pollution de l’air ou au bruit.

Ces facteurs s’additionnent souvent : dans l’étude citée plus haut, neuf femmes sur dix présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire.

 

Pilule œstroprogestative et risque cardiovasculaire : l’importance d’un suivi adapté

La contraception œstroprogestative est une méthode fiable, mais elle est contre-indiquée en présence de certains facteurs de risque cardiovasculaire (âge supérieur à 35 ans, hypertension, tabagisme, migraines avec aura, diabète compliqué, antécédents cardiovasculaires…).

Selon la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes, sur 1 062 femmes de 16 à 55 ans dont la contraception a pu être analysée, 59,8 % des prescriptions œstroprogestatives étaient inadaptées lorsque l’on tenait compte des facteurs de risque cardiovasculaire et des antécédents familiaux.

Si vous prenez une pilule œstroprogestative, ne l’arrêtez pas de vous-même : parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien, qui pourront réévaluer votre contraception avec vous. Les facteurs de risque évoluent au fil des années, et la contraception doit pouvoir s’adapter.

 

Que faire en cas de symptômes ou de facteurs de risque ?

Ne pas attendre. Prenez rendez-vous avec votre médecin pour un diagnostic.

En cas d’urgence. Si les symptômes durent plus de 20 minutes, appelez immédiatement le 15.

Faire le point régulièrement avec votre médecin.

 

Votre pharmacie à vos côtés

 A la pharmacie, nous réalisons des bilans de prévention, qui permettent de faire le point sur vos facteurs de risque. Il est proposé aux âges clés : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans.

Nous pouvons vous aider à faire le point sur vos facteurs de risque, répondre à vos questions sur votre traitement ou votre contraception et vous orienter vers un professionnel de santé si nécessaire. N’hésitez pas à en parler lors de votre prochaine visite.

 

Sources :

Ameli, « Maladies du cœur chez les femmes : connaître les facteurs de risque et les signes pour agir » (5 mai 2026) : https://www.ameli.fr/assure/actualites/maladies-du-coeur-chez-les-femmes-connaitre-les-facteurs-de-risque-et-les-signes-pour-agir

Vidal, « Contraception œstroprogestative : 40 à 60 % de prescriptions inadaptées par rapport aux facteurs de risque cardiovasculaire »

Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2025, n° 13 (Santé publique France), cité par Ameli

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS

L’auteur

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