L’obésité est une maladie chronique complexe qui touche 17 % de Français. Depuis fin 2024, de nouveaux médicaments anti-obésité sont arrivés dans les pharmacies françaises. Quelles sont leurs conditions d’accès, leurs effets secondaires et les risques à moyen terme ? Tour d’horizon des traitements anti-obésité.
Qu’est-ce que l’obésité et quand faut-il envisager un traitement médicamenteux ?
L’obésité est définie par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 kg/m². Sa prise en charge repose avant tout sur des mesures hygiéno-diététiques :
- rééquilibrage alimentaire,
- activité physique régulière,
- suivi psychologique si nécessaire.
Lorsqu’une personne souffre d’obésité, il peut être utile d’associer aux mesures hygiéno-diététiques des médicaments, voire une prise en charge chirurgicale. Un traitement médicamenteux anti-obésité n’est envisagé qu’en seconde intention, après échec de ces mesures de base.
L’orlistat : un traitement oral anti-obésité
L’orlistat est un médicament utilisé en cas d’obésité. Il est prescrit sur ordonnance. Il se présente sous forme de gélules prises à chacun des principaux repas.
L’orlistat bloque une enzyme permettant d’absorber les graisses apportées par l’alimentation au niveau de l’estomac. Celles-ci sont éliminées avant même d’être digérées.
Ce traitement doit toujours être associé à un régime pauvre en calories et en graisses (hypocalorique).
Il n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.
Les analogues du GLP-1 : la révolution des nouveaux injectables
La grande nouveauté de ces dernières années concerne la classe des analogues du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1). Les analogues du GLP-1 appartiennent à une classe de médicaments qui imitent l’hormone endogène GLP-1 : en imitant cette hormone, ils stimulent la sécrétion d’insuline et procurent une sensation de satiété.
Les nouveaux analogues du GLP-1 utilisés pour le traitement de l’obésité sont :
- le tirzépatide (Mounjaro®),
- le sémaglutide (Wegovy®, Ozempic®),
- le liraglutide (Saxenda®).
Ces médicaments sont injectables et disponibles uniquement sur ordonnance. A savoir : Une version orale du Wegovy (sous forme de pilules) a été lancée aux Etats-Unis en décembre 2025. La forme de ces médicaments anti-obésité pourrait donc être amenée à être modifiée aussi en France.
Ils se présentent sous forme de stylos auto-injecteurs permettant au patient de réaliser lui-même les injections, une fois par semaine, sous la peau de l’abdomen, du haut du bras ou de la cuisse, de préférence le même jour chaque semaine.
En termes d’efficacité, les résultats sont significatifs :
- Wegovy® permet de perdre 20,7% de poids en moyenne après 72 semaines de traitement à 7,2 mg (dose d’entretien autorisé),
- Les utilisateurs de Mounjaro® ont perdu en moyenne entre 15 et 21 % de leur poids initial en 72 semaines, selon l’étude Surmount 1.
La perte de poids dépend des doses administrées.
Les nouveaux traitements anti-obésité, en particulier les analogues du GLP-1, représentent donc une avancée réelle pour les patients atteints d’obésité sévère.
Mais ils ne sont ni des solutions miracles ni des produits amaigrissants grand public. Leur prescription doit s’inscrire dans un parcours de soins global, supervisé par un médecin, intégrant alimentation équilibrée, activité physique et suivi psychologique.
En cas de doute, consultez votre médecin traitant plutôt que de vous tourner vers des offres non réglementées.
Qui peut bénéficier des analogues du GLP-1 ?
L’accès à ces médicaments est encadré par des critères stricts :
- La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande que les analogues du GLP-1 ne s’adressent qu’aux patients de moins de 65 ans ayant un IMC initial supérieur ou égal à 35 kg/m².
- Ils doivent être utilisés uniquement en deuxième intention, en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle, et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique.
- Selon la HAS, le traitement peut être prescrit d’emblée chez les patients dont l’obésité compromet leur autonomie ou entraîne une altération sévère de la fonction d’un organe, et pour lesquels les changements de mode de vie sont limités.
- Depuis le 23 juin 2025, leur accès a été facilité : la prescription initiale et le renouvellement de Wegovy, Mounjaro et Saxenda sont autorisés par tout médecin, dans le respect des indications de leur autorisation de mise sur le marché.
Les traitements anti-obésité Wegovy et Mounjaro sont-ils remboursés par l’Assurance maladie ?
A partir du 15 juin 2026, les deux médicaments Wegovy et Moujaro sont pris en charge par l’Assurance maladie à 65 % sous certaines conditions.
Il faut remplir ces quatre conditions cumulatives :
- Être un adulte âgé de 18 ans ou plus,
- Présenter un IMC initial supérieur ou égal à 40 kg/m² sans comorbidité OU un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² avec comorbidité,
- Être en échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (moins de 5 % de perte de poids à six mois),
- Suivre simultanément un régime hypocalorique et une augmentation de l’activité physique.
Pour les patients avec un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², seules les comorbidités suivantes ouvrent droit au remboursement :
- Diabète de type 2 (tous cas),
- Hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux,
- Hypertriglycéridémie > 5 g/L, contrôlée à plusieurs reprises, hors alcool et hors déséquilibre diabétique, résistante au traitement,
- Stéatohépatite non alcoolique (NASH) ou fibrose hépatique, quel que soit le stade (la stéatose isolée n’est pas retenue),
- Syndrome des ovaires polykystiques chez les patientes en âge de procréer,
- Problème de fertilité avec projet d’assistance médicale à la procréation (AMP), sur proposition de l’équipe d’AMP,
- Maladie rénale chronique jusqu’au stade 3A/3B (avec avis néphrologue) ; stades sévères ou terminaux avec projet de transplantation (décision collégiale),
- Cirrhose Child A seulement, après accord hépatologue,
- Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec IAH ≥ 15/h,
- Asthme sévère lié à l’obésité, après avis pneumologue, ORL ou allergologue,
- Lombalgies chroniques, coxarthrose ou gonarthrose invalidantes (avec avis rhumatologique et/ou orthopédique),
- Incontinence urinaire invalidante ne répondant pas aux traitements, confirmée par gynécologue ou urologue,
- Hernie pariétale ou éventration symptomatique ou complexe imposant une perte de poids pré-opératoire,
- Hypertension intracrânienne idiopathique résistante à une prise en charge neurologique bien conduite,
- Handicap moteur avec ou sans paraplégie (avec avis MPR ou neurologue),
Quand il y a une comorbidité associée à l’obésité qui relève d’une affection longue durée (ALD), la prise en charge par l’Assurance maladie est intégrale.
Attention aux usages inappropriés et à la vente illégale de médicaments anti-obésité
Les analogues du GLP-1 ne doivent pas être utilisés pour une perte de poids mineure.
Les aGLP-1 indiqués dans l’obésité ne doivent pas être utilisés pour une perte de poids à des fins esthétiques, c’est-à-dire chez des personnes sans surpoids ni obésité et sans problème de santé lié au poids. Ces usages inappropriés peuvent exposer à des effets indésirables parfois graves.
Attention aux contrefaçons du Mounjaro et Wegovy
Par ailleurs, sur internet et les réseaux sociaux, les publicités et offres de vente de produits présentés comme des analogues du GLP-1 se multiplient, sous diverses formes : stylos injecteurs, flacons, patchs.
L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) alerte sur ces activités de ventes illégales. En France, la vente en ligne de médicaments nécessitant une prescription médicale est illégale : il est obligatoire de présenter l’ordonnance originale papier pour obtenir des médicaments sur prescription.
Les produits vendus en ligne par des sites non autorisés par l’ANSM sont le plus souvent contrefaits et mettent en danger la santé des personnes qui les utilisent.
Avant d’acheter en ligne un médicament vendu sur ordonnance, vous devez vérifier que le site est bien autorisé à vendre des médicaments en ligne sur le site de l’ordre des pharmaciens.
Les effets secondaires et les risques à moyen-long terme des traitements Mounjaro et Wegovy
Une prise de médicaments n’est jamais anodine. Le Mounjaro et le Wegovy peuvent présenter des effets secondaires, surtout si le médicament est mal utilisé.
Les principaux effets secondaires sont digestifs : nausées, sensation de lourdeur, ballonnements, constipation, parfois diarrhées ou vomissements.
La prise de ces médicaments anti-obésité doit être bien réfléchie car elle présente des risques à moyen terme :
- Tout d’abord le risque « d’effet rebond » à la fin du traitement. Ce risque est très élevé avec la majorité des patients qui reprennent tout leur excès de poids voire plus.
- Le risque d’une résistance au traitement.
- Le risque, certes rare mais existant, de complications de type pancréatite (inflammation du pancréas).
La chirurgie bariatrique en cas d’obésité sévère
Lorsque les traitements médicamenteux ne suffisent pas, une solution chirurgicale existe. Dans les cas d’obésité extrême, il existe une solution chirurgicale appelée chirurgie bariatrique, qui modifie l’anatomie du tube digestif dans le but de diminuer la quantité d’aliments consommés.
Elle est envisagée pour les patients présentant un IMC supérieur à 40 kg/m², ou supérieur à 35 kg/m² avec une complication associée comme le diabète de type 2, l’hypertension artérielle ou le syndrome d’apnée du sommeil.
Cette intervention ne peut être envisagée que si la personne a tenté, sans succès, de perdre du poids grâce à une prise en charge médicale spécialisée de plusieurs mois. La décision d’opérer est l’aboutissement de discussions collégiales entre le médecin traitant, le chirurgien, l’endocrinologue, le nutritionniste et le psychologue ou psychiatre.
Pour obtenir de l’aide, vous pouvez appeler la Ligue nationale Contre l’Obésité, qui a mis en place une ligne d’écoute « Obécoute » au 04 48 206 206 (appel gratuit du lundi au vendredi de 9 h à 17 h).
Sources : Vidal, Centre de l’Obésité et de la nutrition, ANSM
Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS
