C’est la rentrée des classes et l’heure de retrouver le rythme scolaire. Après les grasses matinées et les couchers tardifs de l’été, remettre les enfants et les adolescents sur des horaires de sommeil réguliers n’est pas toujours simple. Voici quelques conseils de votre pharmacien pour aider votre enfant et/ou adolescent à mieux dormir.

 

Quelques chiffres sur les troubles du sommeil chez les enfants et adolescents

Selon plusieurs enquêtes de santé publique, près d’un enfant sur trois et près d’un adolescent sur deux présenteraient des troubles du sommeil.

Les troubles du sommeil peuvent être de plusieurs ordres :

  • difficultés d’endormissement,
  • réveils nocturnes,
  • terreurs nocturnes et cauchemars chez les enfants,
  • dette de sommeil chronique liée aux écrans et au stress scolaire.

 

La période de rentrée amplifie souvent ces difficultés :

  • anxiété liée à la reprise,
  • appréhension d’une nouvelle classe ou d’un nouvel établissement,
  • reprise des activités extrascolaires,
  • décalage du rythme circadien accumulé pendant les vacances.

 

Un sommeil de mauvaise qualité chez l’enfant ou l’adolescent peut pourtant avoir des répercussions importantes :

  • difficultés de concentration en classe,
  • irritabilité,
  • fatigue chronique,
  • impact sur la croissance et le système immunitaire, à plus long terme.

 

Pourquoi les enfants et les adolescents dorment-ils mal ?

Les causes des troubles du sommeil chez les plus jeunes sont multiples et souvent associées :

  • Le stress et l’anxiété : appréhension de la rentrée, pression scolaire, conflits avec les camarades, changements familiaux.
  • Les écrans : la lumière bleue des smartphones, tablettes et consoles retarde la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, et repousse l’endormissement.
  • Un rythme de vie déstructuré : horaires de coucher irréguliers, absence de rituel du soir, activités extrascolaires tardives, manque de sport.
  • Les changements physiologiques de l’adolescence : à la puberté, l’horloge biologique se décale naturellement vers un endormissement plus tardif, ce qui entre en conflit avec des horaires scolaires matinaux.
  • Des facteurs alimentaires : dîner trop copieux et/ou trop sucré, ou consommation de boissons excitantes (sodas caféinés, boissons énergisantes, cafés) en fin de journée. Dîner pris trop tard.
  • Un environnement de sommeil inadapté : chambre trop chauffée, trop lumineuse ou trop bruyante.
  • Des causes plus spécifiques : terreurs nocturnes, cauchemars récurrents, énurésie, apnées du sommeil ou syndrome des jambes sans repos, qui nécessitent un avis médical si elles persistent.

 

Les conseils de votre pharmacien pour chaque type de troubles du sommeil

Les difficultés d’endormissement

L’enfant met un temps anormalement long à s’endormir, multiplie les demandes (« j’ai soif », « j’ai peur du noir ») ou refuse d’aller se coucher. Chez l’adolescent, cela se traduit souvent par un endormissement repoussé après minuit, en partie lié aux écrans.

Les conseils de votre pharmacien :

  • Mettre en place un rituel du coucher apaisant (lecture, lumière tamisée, arrêt des écrans au moins une heure avant le coucher, fin du dîner au moins 2 heures avant le coucher).
  • Des solutions à base de plantes adaptées à l’âge de l’enfant, comme la camomille, la valériane ou la passiflore en tisane ou en sirop (Calmosine sommeil, Pediakid sommeil), en respectant les posologies pédiatriques.
  • Des compléments à base de mélatonine à faible dosage pour les adolescents, uniquement sur conseil pharmaceutique et pour une durée limitée (Euphytose nuit, gummies à base de mélatonine).
  • Une orientation vers le médecin traitant si les difficultés persistent au-delà de quelques semaines.

 

Les réveils nocturnes

L’enfant se réveille une ou plusieurs fois dans la nuit, parfois avec des pleurs, et a besoin d’être rassuré pour se rendormir. Chez l’adolescent, ces réveils sont souvent liés à l’anxiété ou à une consultation nocturne du téléphone.

Les conseils de votre pharmacien :

  • Sécuriser l’environnement de la chambre (veilleuse douce, objet transitionnel pour les plus jeunes).
  • Des solutions relaxantes homéopathiques ou phytothérapeutiques compatibles avec l’âge de l’enfant.
  • Des conseils d’hygiène de vie : limiter les liquides le soir, éviter les activités stimulantes juste avant le coucher.
  • Un échange sur les causes possibles (anxiété, cauchemars) pour orienter, si nécessaire, vers un professionnel de santé spécialisé.

 

Les réveils précoces et le manque de sommeil profond

Certains enfants se réveillent très tôt le matin sans pouvoir se rendormir, ce qui réduit la durée totale de sommeil et affecte la récupération.

Les conseils de votre pharmacien :

  • Obscurcir totalement la chambre (rideaux occultants) ou à défaut utiliser un masque de nuit
  • Laisser le portable à l’extérieur de la chambre et utiliser un réveil à luminothérapie (simulateur d’aube)
  • Observer une régularité des horaires de coucher et de lever, y compris le week-end.
  • Des solutions apaisantes en cas de réveils liés à l’anxiété.

 

L’anxiété liée à la rentrée et le stress scolaire

Cette période génère souvent des endormissements difficiles, des ruminations le soir ou des maux de ventre associés à l’appréhension de la journée à venir.

Les conseils de votre pharmacien :

  • Des solutions naturelles apaisantes (magnésium, plantes relaxantes) adaptées à l’âge (Euphytose, Fleurs de Bach sommeil, etc.)
  • Des conseils pour instaurer un temps de parole calme en famille en fin de journée, afin de désamorcer les inquiétudes avant le coucher.
  • Une orientation vers un accompagnement psychologique si l’anxiété est marquée ou durable.

 

Les troubles plus spécifiques (cauchemars, terreurs nocturnes, énurésie)

Ces troubles, fréquents chez les jeunes enfants, sont le plus souvent transitoires et bénins mais peuvent inquiéter les parents.

Ce que pourra vous proposer votre pharmacien :

  • Des produits adaptés en cas d’énurésie (protections, conseils d’hygiène).
  • Une orientation vers le pédiatre en cas de persistance ou de retentissement sur le quotidien de l’enfant.

 

Quand consulter un médecin ?

Le pharmacien reste un premier interlocuteur précieux, mais certains signes doivent amener à consulter un médecin ou un pédiatre :

  • troubles du sommeil qui persistent plusieurs semaines malgré les mesures mises en place,
  • ronflements importants ou pauses respiratoires nocturnes,
  • somnolence excessive dans la journée,
  • retentissement marqué sur le comportement, les résultats scolaires ou l’humeur de l’enfant.

Les centres du sommeil prennent en charge aussi les enfants et leur font passer des tests du sommeil pour évacuer toute anomalie (apnée du sommeil, etc.).

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS

L’auteur

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