Au début des années 2000, une femme ménopausée sur deux prenaient un THM (Traitement Hormonal de la Ménopause). En 2024, elles n’étaient plus que 6 %. En cause : une étude américaine réalisée en 1993, qui comportait de nombreux biais et laissait penser que les THM augmentaient les risques d’AVC et de cancer du sein. Aujourd’hui, le THM est à nouveau prescrit en France pour ses nombreux bénéfices.
Qu’est-ce que la ménopause ?
La ménopause représente une étape naturelle dans la vie d’une femme, survenant généralement entre 45 et 55 ans, avec un âge moyen de 51 ans. Un examen clinique permet de confirmer la ménopause, qui intervient après 12 mois consécutifs sans règles.
La période de périménopause (ou préménopause), marquée par la baisse des œstrogènes, s’accompagne, le plus souvent, de symptômes parfois inconfortables, qui peuvent perdurer après la ménopause :
- bouffées de chaleur,
- suées nocturnes,
- insomnies,
- troubles de l’humeur,
- angoisses,
- troubles génito-urinaires,
Et bien d’autres encore : fatigue, brouillard mental, maux de tête, etc.
C’est aussi une période où des pathologies potentiellement graves (fractures ostéoporotiques, maladies cardiovasculaires…) peuvent survenir en raison de ces changements hormonaux et du vieillissement. En effet, les œstrogènes produits par les femmes de la puberté à la ménopause ont un rôle protecteur du système cardio-vasculaire et du tissu osseux et un effet anti-inflammatoire et antioxydant du tissu cérébral.
La ménopause concerne 17 millions de femmes, et chaque année, 400 000 femmes âgées entre 45 et 55 ans, entrent en « âge climatérique ».
87 % des femmes entre 45 et 55 ans présentent au moins un symptôme de ménopause, dont 20 à 25 % des troubles sévères affectant leur qualité de vie.
Il y a donc un véritable enjeu de santé publique.
Consulter un médecin
Il est essentiel de parler de ces troubles à son médecin traitant, un(e) gynécologue ou une sage-femme. En 2022, l’étude Elisa, réalisée auprès de 5000 femmes au CHU de Toulouse, révélait que 44 % des femmes ménopausées n’en avaient pas parlé à leur médecin.
Depuis que de nombreuses personnalités ont osé briser le tabou de la ménopause dans les médias et sur les réseaux sociaux, le sujet tend à être plus visible et les femmes en périménopause et en ménopause en parlent plus ouvertement.
Adopter une meilleure hygiène de vie
Les troubles de la ménopause sont plus ou moins gênants selon les femmes. C’est une période pendant laquelle il est nécessaire de mieux écouter son corps et d’améliorer son hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique régulière, etc.).
Quand les traitements naturels ne sont pas suffisants
Quelques traitements médicamenteux non hormonaux (phytothérapie, homéopathie, etc.) et compléments alimentaires à base de phytoœstrogènes atténuent les symptômes, mais parfois leur effet n’est pas suffisant.
Votre médecin pourra alors vous prescrire des hormones pour compenser la baisse d’œstrogènes, si les symptômes désagréables persistent et s’il estime que les bénéfices sont supérieurs aux risques.
Qu’est-ce que le THM (Traitement Hormonal de la Ménopause) ?
Le THM (Traitement Hormonal de la Ménopause), aussi appelé traitement hormonal de substitution (THS), consiste à administrer des hormones pour compenser l’arrêt de la production hormonale (œstrogènes et progestérone) par les ovaires.
L’administration d’œstrogènes se fait par voie orale (en comprimés) ou par voie cutanée (application de gel ou patch). La dose la plus faible efficace est recherchée avec vous.
L’estradiol est l’estrogène le plus utilisé en France actuellement. Il est le plus souvent prescrit en association avec la progestérone ou un de ses dérivés
Dans son avis publié en 2025, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande l’administration d’estrogènes par voie cutanée car elle serait moins à risque thromboembolique (caillot), et moins à risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) que la voie orale.
Le traitement d’œstrogène doit être associé à la prise de progestérone ou d’un progestatif de synthèse, au moins 10 jours par mois, afin de protéger l’utérus contre la survenue d’un cancer de l’endomètre. Pour les femmes qui ont eu une ablation de l’utérus, un traitement d’œstrogène seul peut être prescrit.
La prise de progestérone/progestatifs peut se faire par voie orale, vaginale ou par patch.
En cas de sécheresse vaginale isolée, un traitement local est la plupart du temps suffisant.
Quels sont les bénéfices du THM ?
Aujourd’hui, tous les spécialistes sont d’accord pour dire que le THM est un traitement efficace contre les symptômes de la ménopause.
Action positive du THM sur les troubles climatériques
Le THM intervient efficacement sur les symptômes accompagnant les modifications hormonales liées à l’arrêt de la fonction ovarienne :
- Bouffées de chaleur
- Sueurs nocturnes
- Troubles de l’humeur
Prévention de l’ostéoporose
Le THM réduit significativement le risque de fractures osseuses de 30 à 40 %, en ralentissant la perte osseuse accélérée après la ménopause.
Impact positif sur la mortalité du THM
Tout âge confondu, le THM n’augmente ni la mortalité globale ni celle liée aux maladies cardiovasculaires ou au cancer du sein. Il pourrait même exercer un effet protecteur sur le taux de mortalité lorsqu’il est initié dans les 10 premières années de la ménopause.
Selon l’Inserm, les traitements hormonaux feraient baisser de 30 % la mortalité globale, entre 50 et 60 ans des femmes traitées (baisse de la mortalité cardio-vasculaire).
Quelles sont les modalités de prescription du THM ?
Le THM est prescrit :
- après confirmation de la ménopause ou moins de 10 ans après son début (avant 60 ans)
- à la dose la plus faible qui soit efficace
- tant que durent les symptômes (deux à trois ans suffisent généralement)
- après un examen clinique complet et une mammographie
La voie cutanée à privilégier
L’œstradiol, estrogène naturel utilisé, est administré de préférence par voie percutanée ou transdermique (gel, patch).
Cette voie d’administration présente moins de risques thromboemboliques et d’accident vasculaire cérébral que la voie orale.
Suivi médical régulier
Toutes les femmes sous THM doivent bénéficier d’une réévaluation régulière de leur état de santé et de leur traitement par le médecin prescripteur, au moins une fois par an (bilan sanguin, examen clinique, mammographie).
Durée du traitement
La durée du traitement hormonal doit être individualisée en fonction de l’évaluation de la balance bénéfices – risques. En général, il dure deux ans. Il doit rester limité à 5 ans.
Quels sont les facteurs de risques du THM ?
Les facteurs de risque sont évalués de manière individuelle en fonction de :
- l’âge de survenue de la ménopause,
- le délai depuis la survenue de la ménopause,
- les antécédents de la personne ou antécédents familiaux (Cancer, AVC, etc.),
- l’identification de facteurs de risques cardiovasculaire (hypertension, surpoids, etc.).
Dans tous les cas, la décision de prendre le THM se fait en concertation avec votre médecin afin d’évaluer la balance entre les bénéfices et les risques.
Sources :
Vidal, Inserm, Ameli, Le Monde, La revue pharma
Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS
